Chères assurées, chers assurés ;

Chers partenaires de la Caisse d’assurance maladie universelle ;

Chères collaboratrices, chers collaborateurs ;

 

Ce 15 août 2026, la République du Congo célèbre le soixante-sixième anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. En cette journée de mémoire, de fierté et d’espérance, la Caisse d’assurance maladie universelle s’associe pleinement à la Nation tout entière et adresse à chacune et à chacun ses vœux les plus chaleureux de bonne fête de l’indépendance.

Mais célébrer l’indépendance, ce n’est pas seulement se souvenir : c’est interroger le sens de l’héritage reçu et mesurer la part qui revient à chaque génération dans son accomplissement. Qu’il me soit donc permis, en cette circonstance solennelle, de dire pourquoi la protection sociale est, à nos yeux, l’un des visages les plus concrets de l’indépendance nationale, et pourquoi l’assurance maladie universelle en constitue, pour notre génération, le chantier emblématique – dans le droit fil du projet de société du Président de la République, « l’accélération de la marche vers le développement ».

I. L’INDÉPENDANCE NE S’ACHÈVE QUE DANS LA SOUVERAINETÉ SOCIALE

Le 15 août 1960, notre pays prenait rang parmi les nations libres. Mais les pères de l’indépendance savaient déjà que la souveraineté ne s’épuise pas dans le drapeau, l’hymne et le siège aux instances internationales. Une nation n’est pleinement indépendante que lorsqu’elle est en mesure de protéger les siens contre les grands risques de l’existence : la maladie, la maternité, l’accident, l’invalidité, la vieillesse, le décès. Tant qu’une famille peut basculer dans la pauvreté pour avoir soigné un enfant, tant qu’un travailleur doit choisir entre sa santé et son revenu, l’œuvre de l’indépendance demeure inachevée.

La protection sociale n’est donc pas une politique parmi d’autres : elle est le prolongement naturel de la souveraineté politique, sa traduction quotidienne dans la vie des ménages. Elle est aussi l’expression moderne d’une valeur qui nous précède : la solidarité, que nos communautés ont toujours pratiquée – autour de l’arbre à palabres, dans l’entraide villageoise, dans les tontines et les mutuelles – et que l’État républicain a pour mission d’organiser à l’échelle de la Nation, avec la force du droit et la garantie de la puissance publique.

Notre devise nationale – Unité, Travail, Progrès – trouve d’ailleurs dans la sécurité sociale l’une de ses plus exactes illustrations : l’unité, parce qu’elle repose sur la solidarité entre bien-portants et malades, entre actifs et retraités, entre générations ; le travail, parce qu’elle est financée par l’effort contributif de tous et qu’elle protège, en retour, la capacité de chacun à travailler ; le progrès, parce qu’elle est l’instrument par lequel une société convertit sa croissance en mieux-être partagé.

II. SOIXANTE-SIX ANS DE CONSTRUCTION PATIENTE

Notre système de protection sociale ne s’est pas bâti en un jour ; il s’est sédimenté par strates successives, au rythme même de la construction nationale. Avant l’indépendance déjà, dès le milieu des années 1950, apparaissaient les premières caisses de compensation des prestations familiales au bénéfice des travailleurs salariés. L’État indépendant a hérité de ces embryons et les a patiemment consolidés, jusqu’à l’unification opérée par la loi        n° 004/86 du 25 février 1986 portant code de sécurité sociale, qui a confié à la Caisse nationale de sécurité sociale la couverture des travailleurs relevant du code du travail, tandis que la Caisse de retraite des fonctionnaires prenait en charge les pensions des agents de l’État.

Ce socle historique, fidèle à l’esprit de la convention n° 102 de l’Organisation Internationale du Travail concernant la norme minimum de la sécurité sociale, comportait cependant une double limite : il ne couvrait pour l’essentiel que les salariés du secteur formel, minoritaires dans une économie où domine l’activité indépendante et informelle ; et le risque maladie – le premier de tous par sa fréquence et par son poids sur le budget des ménages – y demeurait le parent pauvre.

C’est à cette double limite que répond la réforme majeure de la décennie 2010 : la loi n° 37-2014 du 27 juin 2014 instituant le régime d’assurance maladie universelle, dont la Caisse d’assurance maladie universelle est l’organisme de gestion. Par cette loi, la République du Congo s’est résolument inscrite dans le mouvement mondial de la couverture sanitaire universelle, promue par l’Organisation mondiale de la santé et consacrée par les objectifs de développement durable, et dans l’esprit de la recommandation n° 202 de l’OIT sur les socles de protection sociale : garantir à toute personne résidant sur le territoire national, quel que soit son statut, l’accès aux soins essentiels sans risque d’appauvrissement.

III. LA SANTÉ POUR TOUS, INVESTISSEMENT DE SOUVERAINETÉ

Il faut le dire avec force en ce jour anniversaire : l’assurance maladie universelle n’est pas une charge pour la Nation ; elle est un investissement de souveraineté. Un peuple en bonne santé, c’est une école où les enfants apprennent, des champs et des ateliers où l’on produit, des entreprises où le travail n’est pas interrompu par la maladie, une administration au service du public. C’est aussi une économie protégée contre les dépenses de santé catastrophiques, qui figurent partout dans le monde parmi les premières causes de bascule des ménages dans la pauvreté.

La mutualisation du risque maladie à l’échelle nationale accomplit, en outre, une promesse d’égalité républicaine : que l’enfant d’un maraîcher, d’un pêcheur, d’une vendeuse au marché ou d’un artisan soit soigné avec la même dignité que celui d’un cadre ; que la carte d’assuré ouvre les mêmes droits à Brazzaville, à Pointe-Noire, à Oyo comme dans le district le plus enclavé. Telle est la République dans ce qu’elle a de plus concret : non une abstraction, mais une main tendue à l’heure de l’épreuve.

IV. LE CHANTIER DE NOTRE GÉNÉRATION

Chaque génération a sa part dans l’œuvre de l’indépendance. Celle des pionniers a bâti l’État ; celle des bâtisseurs a doté le pays de ses infrastructures ; la nôtre a reçu en partage la construction de l’État social. C’est le sens de la mission confiée à la Caisse d’assurance maladie universelle : déployer, étape après étape, la couverture maladie sur l’ensemble du territoire national et au bénéfice de toutes les catégories socioprofessionnelles – agents publics, salariés du secteur privé, travailleurs indépendants et professions libérales, étudiants et personnes vulnérables, dont la solidarité nationale organise la prise en charge non contributive.

Cette mission s’inscrit pleinement dans le projet de société du Président de la République. Car il n’est pas de développement accéléré sans capital humain protégé : la couverture maladie universelle en est tout à la fois la condition et l’expression. Accélérer la marche vers le développement, c’est aussi accélérer la marche vers la protection sociale pour tous ; et chaque affiliation nouvelle, chaque assuré soigné sans être ruiné, chaque famille mise à l’abri du risque maladie est un pas de plus dans cette marche que la Nation a résolument engagée.

Ce déploiement obéit à un cap clair : l’universalité effective. Elle passe par la massification des immatriculations et du recouvrement ; par la digitalisation de bout en bout de nos processus, de l’affiliation à la liquidation des prestations ; par un conventionnement exigeant des formations sanitaires, des pharmacies et des laboratoires ; par l’éducation assurantielle de nos concitoyens, car un droit ignoré est un droit qui n’existe pas ; par une gestion rigoureuse, transparente et conforme aux normes de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (CIPRES), gage de la confiance que les assurés sociaux placent dans leur institution.

En ce jour de fête nationale, je voudrais donc adresser un appel à chacune et à chacun. Aux employeurs : déclarer ses travailleurs et verser ses cotisations n’est pas une simple obligation légale, c’est un acte de patriotisme économique et social. Aux travailleurs indépendants et aux professions libérales : en vous affiliant, vous vous protégez, vous protégez vos familles et vous prenez part au plus grand chantier de solidarité de notre histoire. Aux assurés : vos droits sont votre patrimoine ; connaissez-les, exercez-les, défendez-les. Aux professionnels de santé : vous êtes le visage quotidien de cette promesse ; sa crédibilité repose sur la qualité de l’accueil et des soins que vous dispensez.

CONCLUSION

Il y a soixante-six ans, la République du Congo prenait son destin en main. La meilleure manière d’honorer cet héritage n’est pas seulement d’en célébrer la mémoire : c’est d’en poursuivre l’œuvre, en bâtissant, pierre après pierre, cette souveraineté sociale sans laquelle la souveraineté politique demeure inachevée. La protection sociale est le visage quotidien de l’indépendance ; l’assurance maladie universelle en est le chantier emblématique. La Caisse d’assurance maladie universelle y consacre, avec détermination, toutes ses forces, sous l’autorité de sa tutelle, le ministère de la Sécurité sociale, de la Prévoyance sociale et de la Solidarité nationale. Elle apporte ainsi sa pierre, jour après jour, à cette marche vers le développement que le Chef de l'Etat a appelé la Nation à accélérer.

Bonne fête de l’indépendance à toutes et à tous !

Vive la protection sociale pour tous !

Vive la République du Congo, libre et indépendante !

Le Directeur Général,

Félix MOUKO